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PME suisses: les formes de transmissions. Quelles tendances?

Transmission de PME en Suisse
En Suisse, le nombre de PME en vente est en constante augmentation, et ce principalement pour deux raisons: d’une part, de nombreux entrepreneurs issus de la génération baby-boom arrivent à la retraite et d’autre part, il y a aujourd’hui une forte volonté d’innovation. Une entreprise sur cinq va changer de mains dans les cinq prochaines années. Quelles formes de successions existent? Passer le témoin à ses héritiers, à ses employés, à des dirigeants externes ou à des concurrents n’est pas une décision facile à prendre. Le mode de transmission d’une société diffère par ailleurs selon les volontés de l’acquéreur et du vendeur.

Vue d’ensemble des PME helvétiques

80% des entreprises de type PME issues du tissu économique suisse sont des entreprises familiales. Au cours des dernières années, les modifications sociales et technologiques ont été telles que les descendants d’entrepreneurs ne sont aujourd’hui plus forcément disposés à reprendre les rênes d’une PME. Ceux-ci préfèrent souvent faire carrière en dehors du cadre de l’entreprise familiale. Passer le témoin à ses enfants est devenu moins courant.
 
Il y a 20 ans, sept sociétés suisses sur dix privilégiaient une transmission interne à la famille. On constate à ce jour une quasi parité entre les successions intra familiales et extra familiales. D'ici quelques années, les successions familiales ne devraient concerner qu’un quart des PME.

Successions extra familiales – tendance au MBO ou MBI ?

Les cessions de PME extra familiales ont globalement progressé. Il en existe principalement trois formes: la transmission à des collaborateurs (management buy-out ou MBO), la transmission à des personnes externes (management buy-in ou MBI) et le rachat par une autre entreprise.
 
Selon la dernière étude publiée par le Crédit Suisse, 40% des transmissions de PME se réalisent à l'extérieur de la société (MBI) et 20% sont reprises par des collaborateurs (MBO).
 
Management buy-in (MBI) représente 40% des cas de succession
 
Dans le cadre d’un rachat par des dirigeants étrangers à l’entreprise, le choix du repreneur est capital pour garantir le succès futur de l’entreprise. Le propriétaire doit s'assurer que son successeur possède les qualités nécessaires pour lui succéder, en particulier l’expérience mais aussi les compétences techniques. Afin d’assurer la pérennité de la société, le repreneur doit pouvoir maintenir de bonnes relations avec les collaborateurs, ces derniers représentant une valeur importante pour la société.
 
Un MBI peut permettre à un dirigeant de s'épargner le travail de création d'une affaire et le développement d’une clientèle à partir de zéro. La reprise d’une PME est donc une alternative intéressante à la création d'une nouvelle entreprise: le taux de survie après cinq ans se monte à 95% pour les sociétés transmises, contre seulement 50% pour les nouvelles entreprises.
Contrairement à un MBO, la transmission des connaissances n'est pas assurée. Le processus de succession sera plus long, afin que l’acquéreur se familiarise avec le savoir-faire et la culture de la société. Il devra également gagner la confiance de ses nouveaux employés.
 
Management buy-out (MBO) représente 20% des cas de succession
 
Cette forme de succession mise sur l'expérience des cadres de l'entreprise qui en reprennent la direction. Cela peut se révéler indispensable lorsque l'entreprise opère dans des secteurs où les relations jouent un rôle primordial. Cette solution est gage du développement des affaires de la société, garantit la confidentialité du savoir-faire et motive les cadres sur le long terme.
Cependant, une succession par MBO nécessite des moyens financiers conséquents de la part des repreneurs qui risquent de s’endetter pour financer le rachat. Le propriétaire doit dans ce cas envisager une vente à un prix moins élevé qui permet de favoriser ainsi la continuité de l’entreprise. La transition est cependant plus rapide, plus souple et les risques sont moindres.
Pour Jacques Meyer, Associé Président de PME Successions « Les multiples formes de successions impliquent différents processus à prendre en compte : la durée des tractations, les types des parties prenantes ou encore le prix de la vente. Il est primordial de mettre en place une due diligence rigoureuse afin de vérifier la véracité des données et des opérations de la société. Cela permet de s’assurer que le vendeur a été transparent avec l’acheteur. »
 
Les transmissions de PME en Suisse sont encore souvent difficiles à mettre en place en particulier dans les petites et moyennes entreprises : environ une PME sur trois disparaît parce qu'elle ne trouve pas de repreneur. Anticiper la succession de son entreprise et s’y préparer à l’avance est donc clé.