Retour

Réussir la succession de sa PME, c’est aussi savoir gérer sa dimension émotionnelle

L'aspect émotionnel de la succession
Après avoir passé des années à développer son entreprise, vivre pour elle, par elle, il est temps pour l’entrepreneur de passer le témoin. Une fois réglés les aspects techniques de valorisation, de choix du mode de transmission, de sélection de l’acheteur, de préparation et signature des contrats, il reste une part importante, voire clé à gérer: l’aspect émotionnel. La dimension affective est souvent négligée par faute de temps ou par méconnaissance. Or, celle-ci peut mettre en péril le succès d’une transaction. Quelles mesures peuvent être prises pour faciliter cette transition? A quel moment un coaching peut-il s’avérer opportun?

Ne pas négliger la dimension affective

La succession d'une entreprise est une affaire de cœur: la plupart des entrepreneurs ont fait leur entreprise comme l'œuvre de toute une vie. La forte valeur affective créée par un individu ou une famille autour de son entreprise implique qu’il est encore plus difficile de s’en séparer le moment venu. Si la dimension émotionnelle est négligée lors de la transaction, cela peut avoir des répercussions négatives sur l’entourage personnel de l’entrepreneur ou sur ses employés.
 
Transmise à sa famille ou à des tiers, toute transmission de PME va passer par différentes étapes. Dès le moment où le directeur décide de vendre le bien rémunérateur tout au long de sa vie, il reste un ultime pas à franchir sur le plan émotionnel. L’entrepreneur doit arriver à se détacher de son poste de leader, sans s’inquiéter du futur succès de son repreneur. Bon nombre de patrons n’arrivent pas à prendre la distance nécessaire et en souffrent. Le lâcher-prise est essentiel et ne signifie pas du laxisme ou un abandon. Cela signifie au contraire que l’on accepte de regarder une situation d’un autre point de vue en renonçant à tout contrôler. Il faut faire confiance au repreneur, sans quoi cela pourrait mettre en échec la transaction de vente.
 
Le pas n’est pas évident à faire et il s’avère crucial pour l’entrepreneur sortant de se tourner suffisamment tôt vers un consultant externe afin de l’aider à accepter psychologiquement son départ. Le coach peut ainsi intervenir afin d’éviter des conflits familiaux ou entre le successeur et son repreneur ou encore afin d’anticiper un coup de blues post transmission.

Se préparer à l’après-transmission assez tôt

Combien de temps faut-il rester à disposition de l’acheteur afin d’assurer la pérennité de l’entreprise? Faut-il se retirer complètement après la vente? L’entrepreneur qui vient de réaliser la vente de sa PME continue généralement à exercer une activité au sein de sa société. A durée déterminée, son activité permet d’assurer la formation du successeur, la transition auprès du personnel et le relais auprès des clients. La passation des pouvoirs peut prendre quelques mois et force est de constater que le fondateur appose souvent une empreinte indélébile sur sa société.
 
Lorsque l’entrepreneur quitte définitivement son entreprise, il perd en quelque sorte son statut de chef d'entreprise, et cela qui peut être difficile à vivre. Les partenaires d’affaires, les autorités ou autres prestataires s’adresseront désormais uniquement au successeur. Il est donc clé d’avoir planifié de nouvelles activités extra professionnelles pour ne pas se retrouver sans occupation d’un jour à l’autre.
 
« Une fois les enjeux légaux, fiscaux et financiers d’une transmission résolus, il reste la dimension émotionnelle à gérer. Peu mesurable, encore moins prévisible, chaque individu réagit différemment à ce stade. Si l’entrepreneur néglige cette étape, la transmission peut prendre plus de temps ou, dans le pire scénario, la transaction peut même échouer. Il est donc capital de s’entourer assez tôt dans le processus de vente d’un coach professionnel afin d’anticiper ses émotions qui peuvent se répercuter sur son entourage, sa famille tout comme sur l'entreprise » conclut Jacques Meyer, Associé Président de PME Successions.